• « Allo, j’ai trouvé une route pour toi … »

Comme je vous le disais dans la première partie de cet itinéraire du Noël Provençal, vous avez été nombreux à me proposer une route à dérouler en ancienne.

Après avoir parcouru une centaine de kilomètres dans le Vaucluse dans la première partie de ce Roadbook d’anciennes, mon fils Roman nous mène de la Drôme Provençale aux confins de l’Isère.

Cet itinéraire est vraiment inédit : il ne passe pas par la mythique N7 mais la longe pour flirter avec la route des vins des Côtes du Rhône.  

Au départ de Nyons et ses olives noires, par la D538, une route bordée de champs d’oliviers, de vignes et de douces collines.

Nous sommes sur une partie de la route des vins des Côtes du Rhône* qui nous fait passer par Saint Pantaléon les Vignes et Valréas.

Un village qui mérite un petit tour à pied, notamment dans sa rue piétonne.

Après quelques kilomètres qui nous ont fait prendre de la hauteur, on arrive à Rousset les Vignes. Nous sommes ici dans le pays de Grignan, enclave des papes.

Perché et adossé à la montagne, ce village fait partie de ces villages fortifiés qui, du Pègue à Venterol, surveillaient la plaine de Valréas et l’ancienne route de piémont.

Au cours du XIe siècle, les moines bénédictins de Saint-Pantaléon construisent un monumental prieuré adossé à la montagne de la Lance placé sous la protection de dom Mayeul de Cluny et commencent à implanter le vignoble sur les coteaux gréseux.  Le château est construit au XIIe siècle par les comtes de Valentinois, ses fortifications seront reprises au XIVe siècle et totalement restaurées au cours du XVe siècle : on y trouve alors l’architecture typique de l’époque : tours, portail gothique, escalier à vis.  L’ensemble était protégé d’un rempart flanqué de tours, de plan semi-circulaire, dont certaines sont encore en place aujourd’hui.

Direction la Bégude de Mazenc par la D24, Une route de plaine qui traverse des paysages verdoyants avec les montagnes au loin.

Au milieu de la traversée de Taulignan, on tombe sur les tours des portes de la vieille ville fortifiée.

Quittez la route principale pour la D809 qui remonte sur le nord et s’enfonce dans la garrigue. La végétation est dense et touffue, pleine de senteurs sauvages. Le parcours est bordé de murets et de passages de roche calcaire pour soudainement aboutir sur des champs de lavandes.

On a l’impression de prendre le chemin de l’école buissonnière à la Marcel Pagnol.  

La route est étroite avec quelques épingles à cheveux, de quoi contenter les pilotes exigeants.

On arrive sur la D9 et la traversée du joli village de la Bégude de Mazenc, avant de reprendre la D538, qui nous mène à la tour de Crest.

Ce donjon médiéval du château éponyme est un des plus grand d’Europe avec ses 52 mètres de haut.  La visite mérite une petite halte pour embrasser la vue panoramique.

Plus loin, le charmant village de Chabeuil vous accueille pour une balade dans son centre ville et un shopping de produits du terroir. Ne ratez pas l’hôtel de ville de style néogothique, bâti en pierre de tuff. Son campanile est inspiré du Palazzio Vecchio de Florence.

Enfin on arrive au terme de ce parcours de 100 km à Romans (clin d’œil du hasard pour l’auteur de ce roadtrip qui porte le même prénom).

Nichée au pied du Vercors dans la Drôme, la ville de Romans-sur-Isère est une ancienne cité médiévale et la capitale de la chaussure de luxe.

Une ville aux ruelles pittoresques dans son centre historique comme la rue des Clercs, typique avec ses pavés et ses vieilles demeures. Ou bien les rues commerçantes situées autour de la Côte des Cordeliers. Au fil de la promenade, vous pourrez admirer de belles maisons médiévales ainsi que d’élégants hôtels particuliers Renaissance. Vous découvrirez aussi la tour Jacquemart qui fut la porte du premier rempart construit en 1164. Au XVe siècle, la tour, alors surélevée, se dote d’une horloge avec un automate, appelé Jacquemart, qui frappe encore aujourd’hui les heures.

Côté gastronomie, les spécialités de Romans-sur-Isère ne manqueront pas de titiller vos papilles ! Notamment avec la délicieuse pogne, une brioche en forme de couronne parfumée à la fleur d’oranger. Ou bien les fameuses ravioles, ces petits carrés de pâte fine farcis de fromages et de persil.

Comment Roman a – t-il élaboré son roadbook ?

De Gordes, il devait se rendre en Suisse. En préparant la route, il s’est rendu compte que prendre l’autouroute totalisait une durée de trajet égale : « Alors pourquoi ne pas profiter des paysages, rouler sans les camions et faire des emplettes avec l’argent économisé du péage ! ».

Le conseil de Roman : « Lors de vos arrêts, n’hésitez à pas à demander conseil aux commerçants ou aux habitants qui vont vous révéler des secrets locaux que l’on ne trouve pas dans les guides et qui apporterons une touche inédite à votre roadtrip ! »

Repères :

Longueur = 100 km un trajet idéal à faire en 2 heures ou en une demie journée avec les arrêts Qualité du revêtement = rustique

Panorama = on oscille entre plaines et montagnes

Difficulté (4 : facile / 1 : difficile) = il y a certains virages en épingles digne de rallyes

Budget = Tout bénef ! avec l’argent économisé des péages de l’autoroute

Alexandre Pierquet auteur de guides de voyages par la route

L’auteur : Alexandre Pierquet Collectionneur de voitures anciennes et auteur de guides de voyages, pratique l’aventure de la route depuis plus de 40 ans. Journaliste il écrit régulièrement pour News d’Anciennes et intervient comme chroniqueur à la radio.
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  • Routes des vins * : Il existe de nombreuses routes des vins en France et leurs paysages ne donnent pas que l’eau à la bouche.

Le vignoble de la vallée du Rhône se découpe en deux parties. De Vienne à Valence, la partie septentrionale caractérisée par un climat mixte oscillant entre climat continental et méditerranéen, s’étend sur 4700 hectares. Les vignes y sont exposées en terrasses sur des côteaux escarpés, bordés de murets construits uniquement avec de la pierre locale et appelés « Chalais ». La zone méridionale, qui s’étend de Montélimar à Avignon sur 71 000 hectares, est plus chaude et a une superficie beaucoup plus importante que la partie nord. L’encépagement y est plus diversifié que dans la vallée du Rhône nord et est lié au mistral ainsi qu’à la richesse du terroir alternant entre vigne, garrigue et oliviers. C’est sur cette partie que nous sommes actuellement.

Note de l’auteur : Cet article, et d’autres à venir, est un petit coup de klaxon et un appel de phares aux lecteurs qui suivent mes roabooks.

Vous avez-vous aussi une route que vous souhaiteriez faire partager ?

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